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Thomas
Bertrand : "De la Guerre des moteurs"
...Ou comment le futur moteur Microsoft ne pourrait être
qu'une illusion face à Google.
La presse anglophone annonce une possible mise à terre prochaine de Google.
Ce coup de clairon à l'allure de champ du cygne fait référence
au combat historique que se livrèrent Netscape et Microsoft par l'intermédiaire
de leurs deux navigateurs.
A l'époque, le géant de Redmond réussit à étouffer
son adversaire en intégrant Internet Explorer sur son système d'exploitation
utilisé en masse par le grand public et les professionnels.
Porter un coup fatal à Google serait donc d'utiliser la même arme
en plaçant le futur moteur Microsoft sur LongHorn que l'on devrait voir
arriver sous peu. La recette est simple et éprouvée. Tout doit se
passer selon la feuille de route du grand "Billy".
Et pourtant...
Un petit grain de sable pourrait se glisser et bloquer ce plan parfait si le monstre
de l'informatique ne respecte pas parfaitement les trois régles principales
qui ont fait de Google le leader des moteurs :
- Microsoft doit développer un algorithme très performant et obtenir
une pertinence égale ou supérieure à son concurrent.
- Le rafraîchissement des documents inclus dans sa base de données
doivent se produire à un rythme élevé et régulier
.
- La grosseur de sa base de données doit être égale ou supérieure
à celle de Google, et tout comme lui, indexer entièrement chaque
site.
Si le moteur Microsoft ne bat pas Google sur son propre terrain, il ne sera qu'une
illusion soyez en certain.
... ou comment Google ne tomberait pas au combat sur le champ de bataille
mais pourrait plutôt s'effondrer sur lui-même.
Même si l'action reste timide pour l'instant, Yahoo est passé à
l'attaque. De son côté, Microsoft prépare son assaut, certain
que son arme secréte portera un coup fatal au maître des moteurs.
Le monde s'attend donc à ce que Google soit vaincu.
Pourtant, l'histoire ne s'écrira pas aussi simplement.
Google maîtrise parfaitement son terrain. La recherche. Grâce à
la large couverture médiatique gratuite dont il bénéficie.
On parle de Google partout. Il fidélise les internautes et gagne encore
des parts de marché chaque mois. Il séduit les annonceurs avec ses
"AdWords" et en profite pour créer une relation de dépendance
avec les webmaîtres en distribuant généreusement ses "AdSense".
Et c'est là où le bât blesse.
Google ne chutera pas sous les coups de ses adversaires mais prend un très
gros risque en plaçant tous ses oeufs dans ce même panier du coût
par clic. Un jour prochain, les états-majors des annonceurs vont faire
le bilan du retour sur investissement. Sans le comparer au coût pour mille
qui a provoqué la chute catastrophique des moteurs en 2001, on peut penser
que le coût par clic marquera le pas dû à la surchauffe de
sa surexposition. Oui. Le cpc se retrouvera sur chaque page demain. Et surtout,
un nouveau modèle financier pointe son nez et finira certainement par s'imposer,
le coût par transformation, ou cpa.
Google ne doit pas craindre ses adversaires mais plutôt réformer
son modèle financier, sinon, il pourrait s'effondrer sur lui-même,
soyez en certain.
... ou comment Yahoo pourrait assurer sa réussite financière en
vendant son âme au dieu dollar.
Un "Flop". Une fusée qui reste collée à son aire
de lancement malgré la puissance de ses propulseurs. Voilà l'effet
que produit pour l'instant la mise en ligne de la motorisation "Made in Yahoo".
Google et Microsoft peuvent dormir sereinement.
Circulez avec le sourire, il n'y a rien à voir.
Si la grande majorité des sociétés et des webmaîtres
semblent satisfaits par le positionnement de leurs pages dans les résultats
Yahoo. L'innovation attendue n'est pas là. Mais où est donc passé
le frisson que faisait naître en nous les rachats des Inktomi, Fast et Overture/AltaVista.
Pire, ses résultats manquent à tel point de fraîcheurs qu'il
ne fait aucun doute que ce moteur aurait provoqué de graves émeutes
dans le fameux petit village d'Astérix.
Yahoo, qui es-tu ?
Le positionnement de Yahoo est illisible. Son nouveau service payant de soumission
doublé du coût par clic qui s'annonce aux Etat-Unis transforme Yahoo
en un moteur élitiste. Aussi, il va en opposition chasser sur le terrain
propre de ses filiales Overture pour le cpc et Inktomi pour la soumission. D'ailleurs,
la cacophonie règne puisque les sites ayant souscrits au préalable
ce service chez Inktomi ont été retirés de la base de données
Yahoo. De quoi en perdre son algorithme. Enfin, pas tout à fait. Yahoo
se porte bien. Financièrement j'entends. Depuis plus d'un an et demi, la
mise en place des services payants par le charismatique Terry Semel a fait mouche.
Il affirmait il y a peu que Yahoo pourrait bientôt faire un petit ménage
en son sein : "Si le nombre d'abonnés à nos services croît
suffisamment, nous allons envisager des services sans publicité".
Et Overture qui place ses liens publicitaires dans les pages de résultats
Yahoo, viré aussi ? Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce n'est pas
clair du tout.
L'argent coule, le moteur aussi.
La stratégie Yahoo va certainement porter ses fruits dans le domaine financier,
mais si l'annuaire historique pousse son raisonnement jusqu'au bout, il y perdra
son moteur et ne sera bientôt plus qu'un portail comme les autres, soyez
en certain.
FIN de La Guerre des Moteurs.
Thomas Bertrand.
Référenceur, formateur, responsable des "news" et de la
lettre d'information Secrets2Moteurs
pour la société 1ère
Position de février 2001 ànovembre 2003. Journaliste, rédacteur
et créateur de "Chasseurs de Moteurs", le bulletin internet des
outils de recherche, de septembre 1999 à octobre 2001 (archives sur www.moteurzine.com
ou www.cv.bertrand-thomas.nom.fr).
Co-créateur en 1997 de www.7alpha.com,
premier annuaire de moteurs en francophonie. Créateur du site Echanges de liens.
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